Cyberattaques en France : Chiffres Clés 2026

Par Meldis

En 2024, l’ANSSI a traité 4 386 événements de sécurité, soit une hausse de 15 % par rapport à 2023. Le rapport Hiscox confirme l’ampleur du phénomène : 67 % des entreprises françaises ont subi au moins une cyberattaque en 2024. Les PME restent les premières victimes, avec 75 % des attaques dirigées contre elles. Ce bilan annuel des cyberattaques en France rassemble les données les plus récentes de l’ANSSI, de la CNIL, du CESIN et des cabinets d’analyse pour dresser un état des lieux complet. Objectif : comprendre les menaces actuelles et agir avant qu’il ne soit trop tard.


Cyberattaques en France : les chiffres clés 2024-2025

Le Panorama de la cybermenace 2024 de l’ANSSI révèle une intensification continue de la menace cyber en France. En un an, les événements de sécurité traités ont progressé de 15 %.

4 386 événements de sécurité en 2024

L’ANSSI a recensé 4 386 événements au total en 2024, dont 3 004 signalements et 1 361 incidents confirmés. Ces chiffres ne représentent que la partie émergée de l’iceberg : de nombreuses PME n’ont ni les outils ni les processus pour détecter et signaler les incidents.

Les trois menaces principales identifiées par l’ANSSI sont les groupes cybercriminels, les attaquants liés à la Chine et ceux liés à la Russie. Ces acteurs ciblent aussi bien les infrastructures critiques que le tissu économique local.

67 % des entreprises françaises touchées

Selon le rapport Hiscox 2024, plus de deux entreprises sur trois ont été victimes d’au moins une cyberattaque en France, contre 53 % l’année précédente. La hausse est particulièrement marquée pour les très petites structures : le nombre d’entreprises de moins de dix salariés attaquées a augmenté de plus de 50 % en trois ans.

Indicateur20232024Évolution
Événements ANSSI3 8124 386+15 %
Entreprises touchées (Hiscox)53 %67 %+14 pts
Notifications CNIL4 6685 629+20 %
Rançongiciels signalés ANSSI~144144Stable (haut)

Face à cette escalade, le cadre réglementaire NIS2 impose de nouvelles obligations aux entreprises des secteurs critiques pour renforcer leur résilience cyber.


Les types de cyberattaques les plus fréquentes en France

Le baromètre CESIN 2025 dresse une cartographie précise des vecteurs d’attaque qui touchent les entreprises françaises.

Le phishing, première menace (60 % des attaques)

Le phishing reste le vecteur d’attaque dominant en France. Environ 60 % des cyberattaques commencent par un email frauduleux (baromètre CESIN 2025). L’intelligence artificielle a démultiplié l’efficacité de ces attaques : deepfakes vocaux, emails personnalisés avec des informations volées, usurpation d’identité quasi parfaite.

Pour les PME, c’est la menace la plus immédiate. Un employé qui clique sur un lien frauduleux peut compromettre l’ensemble du système d’information en quelques minutes. Savoir reconnaître un email de phishing et former ses équipes reste le premier rempart contre ce vecteur d’attaque.

Ransomware : 144 compromissions en 2024

L’ANSSI a comptabilisé 144 compromissions par rançongiciel en 2024, un niveau stable mais toujours élevé. Au premier trimestre 2025, les campagnes de ransomware ont explosé de 126 % par rapport à la même période en 2024 (CheckPoint).

La double extorsion — chiffrement des données et menace de publication — est désormais la norme dans la quasi-totalité des attaques par ransomware (Sophos State of Ransomware 2024). La triple extorsion (ajout de DDoS ou harcèlement des clients) est en forte progression selon les mêmes sources.

Les groupes les plus actifs comme Qilin et Cl0p fonctionnent en Ransomware-as-a-Service (RaaS), rendant ces attaques accessibles à des criminels sans compétences techniques avancées. Pour comprendre leur fonctionnement et les moyens de défense, notre guide complet sur les ransomwares détaille les mécanismes d’attaque et les stratégies de protection.

Exploitation de vulnérabilités et failles de bordure

Fait marquant de 2024 : l’ANSSI observe des campagnes massives ciblant les pare-feu et passerelles VPN. Neuf des vulnérabilités les plus exploitées touchaient des équipements de sécurité en bordure de système d’information. Les attaquants exploitent souvent ces failles quelques jours seulement après la publication des correctifs.

Le CESIN confirme que 47 % des attaques exploitent des failles de sécurité non corrigées, et que 41 % impliquent des dénis de service (DDoS).


Quels secteurs sont les plus ciblés par les cyberattaques ?

Les cybercriminels ne frappent pas au hasard. Certains secteurs concentrent l’essentiel des attaques en raison de la valeur de leurs données, de la criticité de leurs services ou de la faiblesse de leurs défenses.

PME, collectivités et santé en première ligne

SecteurPart des attaques ransomwareParticularité
TPE / PME / ETI34 %Budget sécurité limité, faible détection
Collectivités locales24 %Infrastructures vieillissantes, données citoyens
Établissements de santé10 %Données médicales sensibles, urgence vitale
Industrie / AgroalimentaireEn hausseSystèmes industriels (OT) vulnérables
ÉducationCible fréquenteFaiblesse des infrastructures IT

Les TPE, PME et ETI représentent 37 % des signalements reçus par l’ANSSI en 2024. Cette surexposition s’explique par des budgets cybersécurité souvent insuffisants, l’absence de responsable sécurité dédié et un manque de sensibilisation des collaborateurs.

Les collectivités locales subissent régulièrement des attaques qui paralysent les services administratifs : délivrance de documents officiels, gestion des états civils, services sociaux. En 2024, plusieurs communes et communautés d’agglomération ont été victimes de ransomwares les contraignant à revenir au papier pendant plusieurs semaines.

Les JO Paris 2024 : un test grandeur nature

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont constitué un test majeur pour la cybersécurité française. L’ANSSI a signalé 141 événements de cybersécurité pendant la période, avec un pic en juillet. Des groupes hacktivistes pro-russes et pro-palestiniens ont tenté de déstabiliser l’événement, ciblant les entités gouvernementales, les transports et les télécommunications. Grâce à la mobilisation anticipée de l’ANSSI, aucune attaque n’a perturbé le déroulement des Jeux.


PME : les cibles privilégiées des cybercriminels

Les PME françaises concentrent une part disproportionnée des cyberattaques. Ce n’est pas un hasard : elles combinent données de valeur et défenses insuffisantes.

75 % des attaques ciblent les PME

Le rapport Hiscox 2024 est sans équivoque : 75 % des cyberattaques en France visent des TPE et PME. Selon le baromètre Cybermalveillance.gouv.fr 2025, 46 % de ces attaques exploitent des erreurs humaines.

Les raisons de cette vulnérabilité sont bien identifiées :

  • Pas d’équipe cybersécurité dédiée : dans une PME de 20 à 100 salariés, la sécurité informatique est souvent gérée par une personne IT polyvalente.
  • Budget limité : 66 % des organisations n’appliquent pas les bonnes pratiques essentielles de l’ANSSI.
  • Absence de procédure : 7 entreprises sur 10 n’ont pas de procédure définie en cas de cyberattaque.
  • Sous-déclaration : de nombreuses PME subissent des incidents sans les signaler, par méconnaissance ou par crainte.

Un risque existentiel

À retenir : 60 % des PME victimes d’une cyberattaque sérieuse ferment dans les 6 mois suivant l’incident (Hiscox 2024). Pour une PME de 20 à 100 salariés, le risque n’est pas théorique.

Le chiffre le plus alarmant : 60 % des PME victimes d’une attaque sérieuse ont fermé dans les 6 mois suivant l’incident (Hiscox 2024). Ce taux de mortalité illustre la fragilité des petites structures face à une crise cyber majeure.

Pour les PME d’Occitanie, où le tissu économique repose largement sur des entreprises de 10 à 250 salariés, le risque est concret. Un audit de sécurité informatique permet d’identifier les vulnérabilités avant qu’un attaquant ne les exploite.


Le coût des cyberattaques pour les entreprises françaises

Le coût d’une cyberattaque ne se limite pas à la rançon éventuelle. Il faut additionner les pertes d’exploitation, les frais de remédiation, les conséquences juridiques et le préjudice réputationnel.

Coût moyen : de 466 000 € pour une PME à 3,59 M€ tous secteurs

IndicateurMontantSource
Coût moyen violation données (France)3,59 M€IBM 2025
Coût moyen cyberattaque PME466 000 €Groupama / Hiscox 2025
Coût moyen tous secteurs (CESIN)1,5 M€CESIN 2025
Pharma (coût le plus élevé)5,11 M€IBM 2025
Services financiers4,65 M€IBM 2025
Énergie4,45 M€IBM 2025

Pour une PME, 466 000 € (coût total incluant les impacts indirects sur plusieurs années, Groupama 2025) représentent souvent 5 à 10 % du chiffre d’affaires. Les coûts directs immédiats, eux, se situent entre 25 000 et 50 000 € (CPME/Hiscox 2024). Pour évaluer le coût d’un audit adapté à votre taille, consultez notre guide sur le prix d’un audit de sécurité informatique. La décomposition du coût total :

  • Pertes d’exploitation (50 %) : arrêt d’activité, commandes non honorées, clients perdus.
  • Prestataires externes (20 %) : experts forensiques, avocats, consultants en communication de crise.
  • Remise en état informatique (20 %) : restauration des systèmes, remplacement de matériel, reconfiguration.
  • Dégradation de la réputation (10 %) : perte de confiance, départ de clients, impact sur les partenariats.

L’IA comme levier de réduction des coûts

Selon IBM, les entreprises qui utilisent l’intelligence artificielle dans leurs dispositifs de cybersécurité détectent et contiennent les incidents 88 jours plus rapidement. Le gain : une réduction moyenne de 1,39 million d’euros sur le coût total d’une violation. Selon IBM, 65 % des organisations mondiales utilisent désormais l’IA dans leur stratégie de détection (IBM Cost of Data Breach 2024). Un SOC externalisé intègre ces technologies pour une surveillance 24/7 accessible aux PME.


Amendes RGPD : le bilan record de la CNIL en 2025

L’année 2025 marque un tournant dans l’application du RGPD en France. La CNIL a prononcé 486,8 millions d’euros d’amendes, soit neuf fois le montant de 2024.

Les sanctions majeures

EntrepriseMontantMotif
Google325 M€Cookies déposés sans consentement clair (sept. 2025)
Shein150 M€Cookies sans consentement, transferts Chine (sept. 2025)
Nexpublica France1,7 M€Mesures de sécurité insuffisantes dans un logiciel PCRM

Google et Shein concentrent à elles seules 475 M€, soit 97,5 % du total annuel. Les 8 M€ restants se répartissent entre 81 autres sanctions — notamment contre Nexpublica France (1,7 M€) et plusieurs organismes sanctionnés via la procédure simplifiée.

Début 2026, la pression réglementaire ne faiblit pas : la CNIL a prononcé en janvier 2026 de nouvelles sanctions majeures — Free Mobile (27 M€) et Free (15 M€) pour sécurité insuffisante des données, ainsi que France Travail (5 M€) pour défaut de protection des données de demandeurs d’emploi.

Les PME aussi dans le viseur

Ne pensez pas que seuls les géants sont concernés. En 2025, 32 % des entreprises contrôlées par la CNIL étaient des PME ou TPE. Sur les 83 sanctions prononcées, 67 l’ont été via la procédure simplifiée, qui cible précisément les structures de petite taille.

Les manquements les plus sanctionnés :

  • Cookies et traceurs sans consentement (21 organismes sanctionnés)
  • Vidéosurveillance des salariés non conforme (16 organismes)
  • Sécurisation insuffisante des données personnelles
  • Prospection commerciale non conforme (10 sanctions)

Pour une PME, une amende CNIL de quelques dizaines de milliers d’euros peut représenter un choc financier significatif, en plus du coût de mise en conformité RGPD.


Cybermenaces en Occitanie : une région exposée

L’Occitanie n’est pas épargnée par la menace cyber. Selon les données de l’ANSSI, la région figure parmi les 3 régions les plus ciblées, représentant environ 7 % des attaques nationales en 2024.

Un tissu économique vulnérable

La région compte plus de 300 000 entreprises, dont une écrasante majorité de PME et TPE. Les secteurs particulièrement exposés en Occitanie :

  • Santé : le CHU de Montpellier et les cliniques privées traitent des données médicales sensibles.
  • Aéronautique et spatial : sous-traitants de la filière aéronautique toulousaine et montpelliéraine.
  • Viticulture et agroalimentaire : les 2 800 exploitations viticoles du Gard et les coopératives gèrent des données clients et des systèmes de pilotage.
  • Tourisme : forte saisonnalité, transactions en ligne, données personnelles de voyageurs.
  • French Tech Montpellier : startups et éditeurs de logiciels, cibles de choix pour le vol de propriété intellectuelle.

Des ressources locales à mobiliser

L’écosystème cyber en Occitanie se structure. Cyber’Occ, le CSIRT régional, accompagne les entreprises et collectivités victimes d’incidents. Meldis, basé à Montpellier, intervient dans toute la région pour les audits de sécurité, les tests d’intrusion et la réponse à incident. Pour mieux comprendre le paysage local des menaces, consultez notre analyse de l’écosystème cybersécurité en Occitanie.


Comment protéger votre entreprise face aux cyberattaques

Face à ces chiffres, l’inaction n’est pas une option. Voici les mesures prioritaires, adaptées au budget et aux ressources d’une PME.

Les 5 actions immédiates

  1. Activez l’authentification multifacteur (MFA) sur tous les accès critiques : messagerie, VPN, outils cloud. C’est la mesure la plus efficace au rapport coût/impact.
  2. Formez vos collaborateurs : 46 % des attaques exploitent des erreurs humaines. Des campagnes de sensibilisation au phishing réduisent ce risque de 70 % en un an.
  3. Mettez à jour vos systèmes : les failles non corrigées sont le deuxième vecteur d’attaque. Priorisez les équipements de bordure (pare-feu, VPN) ciblés massivement en 2024.
  4. Sauvegardez selon la règle 3-2-1 : 3 copies, sur 2 supports différents, dont 1 hors site. Testez vos restaurations tous les trimestres.
  5. Faites réaliser un audit : un audit de sécurité informatique identifie vos vulnérabilités et priorise les actions correctives selon votre budget.

Pour aller plus loin

  • Plan de réponse à incident : définissez qui fait quoi en cas d’attaque. 7 entreprises sur 10 n’en ont pas.
  • Assurance cyber : couvrez les pertes d’exploitation et les frais de remédiation. Les prérequis techniques des assureurs recoupent les bonnes pratiques de sécurité.
  • SOC externalisé : pour les PME qui veulent une surveillance 24/7, un SOC externalisé intègre IA et EDR pour une détection en temps réel.

Protéger votre PME est un investissement. Ne pas la protéger est un pari risqué : 466 000 € en moyenne par incident, et 60 % de taux de fermeture dans les 6 mois. Contactez Meldis pour un diagnostic gratuit de votre niveau de sécurité.


FAQ : Cyberattaques en France

Combien de cyberattaques en France par an ?

L’ANSSI a traité 4 386 événements de sécurité en 2024, dont 1 361 incidents confirmés. Ce chiffre ne couvre que les incidents signalés à l’ANSSI. La CNIL a reçu 5 629 notifications de violations de données. Le nombre réel d’attaques est bien supérieur, de nombreuses PME ne signalant pas les incidents.

Quel est le coût moyen d’une cyberattaque pour une PME ?

Selon les données IBM et Groupama 2025, une cyberattaque coûte en moyenne 466 000 € à une PME française. Ce montant inclut les pertes d’exploitation, les frais de remédiation, les prestataires externes et l’impact réputationnel. Cela représente 5 à 10 % du chiffre d’affaires.

Quels sont les types de cyberattaques les plus fréquents ?

Le phishing représente 60 % des attaques (CESIN 2025), suivi par l’exploitation de failles de sécurité (47 %) et les attaques par déni de service (41 %). Les ransomwares restent les attaques les plus destructrices, avec 144 compromissions signalées à l’ANSSI en 2024.

Quels secteurs sont les plus touchés en France ?

Les TPE/PME/ETI concentrent 34 % des attaques par ransomware, suivies par les collectivités locales (24 %) et les établissements de santé (10 %). L’industrie, l’agroalimentaire et l’éducation sont également des cibles fréquentes en raison de la valeur de leurs données et de la faiblesse de leurs défenses.

Combien d’amendes RGPD la CNIL a-t-elle prononcé en 2025 ?

La CNIL a prononcé 486,8 millions d’euros d’amendes en 2025, un montant record tiré par deux sanctions exceptionnelles : Google (325 M€) et Shein (150 M€) pour non-respect des règles sur les cookies. Sur les 83 sanctions prononcées, 67 l’ont été via la procédure simplifiée ciblant notamment les PME.

Mon entreprise en Occitanie est-elle menacée ?

L’Occitanie est la 3e région la plus ciblée en France, avec environ 7 % des attaques nationales. Les secteurs santé, aéronautique, viticulture et tourisme sont particulièrement exposés. Quelle que soit votre taille, un audit de sécurité permet d’évaluer votre niveau de risque et de prioriser les actions de protection.